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Recherches sur le clergé à Gand et son intégration dans les réseaux urbains, souverains et religieux de l’époque. Saint-Nicolas et Sainte-Pharaïlde (1384-1614)

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Contenu

Cette recherche était motivée par l’accessibilité limitée des fonds d’archives de l’église Saint-Nicolas et du chapitre de Sainte-Pharaïlde. Le caractère superficiel et peu transparent des instruments de recherche existants a eu pour conséquence une relative absence de ces deux institutions dans l’historiographie de la ville de Gand. L’imperfection de l’ouverture à la recherche était surtout due au transfert, en 1614, du chapitre de Sainte-Pharaïlde à l’église de Saint-Nicolas. Suite à ce transfert, les archives des deux établissements ont été mélangés et le manque de recherches institutionnelles fut à la fois la cause et la conséquence de cet état de fait. Cette étude visait à éclairer l’organisation et le rôle de l’église de Saint-Nicolas et du chapitre de Sainte-Pharaïlde afin de faciliter l’ouverture à la recherche de leurs archives respectives.

Le projet avait un double objectif : il se consacrait d’une part aux aspects institutionnels des deux établissements – en l’occurrence une paroisse urbaine et un chapitre comtal – pour jeter les bases d’une ouverture à la recherche des archives, et d’autre part il situera les deux institutions au dans leur contexte (supra)local, à cheval entre les cercles communaux et souverains.

En menant des recherches sur le haut clergé des deux institutions (et notamment sur les personnes disposant de bénéfices, à savoir, les chanoines, les vicaires et les curés), le projet entendait examiner dans quelle mesure ces figures représentaient soit la ville soit le souverain. Cette approche devait permettre d’identifier les réseaux actifs dans l’entourage de l’église de Saint-Nicolas et du chapitre de Sainte-Pharaïlde. En même temps, le rôle des deux institutions en tant que représentants des sphères d’influence communale et souveraine a pu être situé dans un contexte religieux. 

La spécificité de ce cas gantois est due à une série de facteurs. Gand était une ville importante et connaissait tant au Moyen-Âge qu’à l’époque moderne de fortes tendances particularistes vis-à-vis du pouvoir central  (ex : révoltes contre Philippe le Bon, Marie de Bourgogne, Maximilien d’Autriche, Charles-Quint et Philippe II). Au cours du XVIe siècle, le protestantisme et la réforme et contre-réforme ont joué un rôle déterminant dans la vie politique et religieuse au sein de la ville. À l’époque, Gand a également accueilli le siège d’un nouveau diocèse, c’est-à-dire un facteur important dans l’organisation des structures ecclésiastiques aux niveaux local et supra-local. Il ne faut pas négliger non plus le rôle des abbayes de Saint-Pierre et de Saint-Bavon en tant que centres religieux (et détenant en outre le droit de patronat sur les églises paroissiales situées au centre de la ville médiévale).

La présente recherche essaya de combiner deux approches, à savoir une analyse des réseaux communaux et souverains d’une part et une étude du facteur religieux d’autre part. Jusqu’à présent, les recherches ont examiné les institutions religieuses essentiellement dans le cadre de la « catégorie » spécifique à laquelle elles appartenaient. Le présent projet transgresse ces frontières symboliques, en réalisant une étude des réseaux combinés d’un chapitre comtal et d’une église paroissiale traditionnelle, avec leurs arrière-fonds, structures et compositions respectives. Il existe déjà de nombreuses études sur les réseaux communaux ou l’histoire religieuse à Gand, mais la combinaison de ces deux approches est restée plutôt rare. La présente recherche fournit une contribution pour une meilleure compréhension du rôle des institutions religieuses dans les rapports de force entre les niveaux communal et souverain.

Cette recherche allait de pair avec une mission très concrète d’ouverture à la recherche, afin d’augmenter en partie l’accessibilité des fonds d’archives. Un inventoriage complet des archives des deux institutions n'a malheureusement pas été possible dans les échéances imparties au projet. Le projet avait toutefois comme objectif d’augmenter considérablement le degré d’ouverture des documents et d’offrir des éléments permettant un inventoriage définitif dans un proche avenir. La phase primaire d’ouverture à la recherche dans le cadre de ce projet concerne la collection de chartes des deux institutions, qui est très volumineuse mais peu ouverte jusqu’à présent. Ces documents constituent en effet la principale  partie des archives qui n’ont pratiquement pas encore été explorées. À défaut d’une ouverture à la recherche de ces séries, on dispose d’une image seulement fragmentaire et incomplète de la composition, du fonctionnement et de la gestion des biens de l’église et du chapitre. À noter également que leur ouverture à la recherche facilite le réinventoriage définitif des archives. L’approche archivistique et le volet historique du projet sont donc complémentaires et à l’avenir, les sources de ces institutions pourront être analysées de façon plus scientifique, ce qui ouvrira sans aucun doute de nouvelles pistes de recherche.

La description des chartes de l’église de Saint-Nicolas et du chapitre de Sainte-Pharaïlde est à présent finalisée. Les inventaires et les images associées aux descriptions des chartes peuvent être consultées sous forme numérique dans les salles de lecture de tous les dépôts des Archives de l’État en Belgique.

Partenaires

Ce projet a pu être réalisé grâce à des crédits du Service public de programmation de la Politique scientifique fédérale (BELSPO).

La recherche a été menée aux Archives de l’État à Gand, en collaboration avec le département Histoire de l’université de Gand.

Collaborateurs

Annelies Somers (Archives de l’État à Gand).

La commission de pilotage du doctorat était composée de Marc Carnier (promoteur interne, Archives de l’État à Louvain), du prof. dr. M. Marc Boone (promoteur externe, université de Gand), du prof. dr. Thérèse de Hemptinne (université de Gand) et du prof. dr. Arnoud-Jan Bijsterveld (université de Tilburg).

Publications

A. SOMERS, Inventaris van het archief van het Sint-Veerlekapittel, de parochiale instellingen en members van het kapittel en de heerlijkheid Blaisant te Gent. Reeks charters (base de données des Archives de l’État à Gand, 2014).

A. SOMERS, Inventaris van het archief van de Sint-Niklaaskerk te Gent, met inbegrip van de parochiale instellingen. Reeks charters (base de données des Archives de l’État à Gand, 2014).

A. SOMERS, Inventaris van het archief van de Sint-Niklaaskerk te Gent, met inbegrip van de parochiale instellingen. Reeks gehavende charters (base de données des Archives de l’État à Gand, 2014).

A. SOMERS, A post-reformational contradiction ? The survival of the chapter of St. Pharahild in Ghent at the turn of the sixteenth century, dans : Journal of Early Modern Christianity, I, 2014 (p.1-28).

A. SOMERS, Ad utilitatem et conservationem ipsius status et decorem. De statuten van het Gentse Sint-Veerlekapittel (1225-1788), dans : Bulletin de la Commission royale d’Histoire (en préparation).

M. BAUWENS, A. SOMERS, Church, chapter and parishioners in the aftermath of religious turmoil. The case of St. James and St. Pharahild in Ghent (1384-1614), dans : Journal of Ecclesiastical History (en préparation).

A. SOMERS, Making a virtue out of necessity. The Chapter of St. Pharahild in Ghent and its Attitude towards the Decrees of the Council of Trent, dans :W. François, V. Soen, D. Van Isacker, Church, Censorship and Reform in the Early Modern Habsburg Netherlands, (en préparation).

A. SOMERS, Het Sint-Veerlekapittel. Te biecht bij de graven van Vlaanderen, dans :  A.-L. VAN BRUAENE, C. VERBRUGGEN, R. MANTELS (réd.), Geloven in Gent. Plaatsen van het religieuze verleden (en préparation).

Actualités

Ce jeudi 18 février 2016, une thèse de doctorat a pour la première fois été soutenue publiquement aux Archives de l’État ! Annelies Somers, qui a travaillé pendant 5 ans aux Archives de l’État, a réalisé une étude comparative de deux institutions ecclésiastiques gantoises au Moyen Age : l’église Saint-Nicolas et le chapitre de Sainte Pharaïlde. La défense publique de la thèse de doctorat a eu lieu aux Archives de l’État à Gand.

Liens

Institut Henri Pirenne pour la recherche en histoire médiévale (Université de Gand).

Doctorat en cours, au sein du département Histoire, de l’université de Gand.

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