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À propos de rouleaux mortuaires et de trésors patrimoniaux

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03/12/2019 - Divers - Archives de l'État à Gand

Le 14 novembre 2019, le rouleau mortuaire de l’abbaye de Saint-Bavon (1406) a officiellement été reconnu comme trésor patrimonial. Long de 30 mètres et orné d’une magnifique miniature, le rouleau très impressionnant qui fait partie des archives de Saint-Bavon et du diocèse de Gand, est conservé à la cathédrale Saint-Bavon. Les Archives de l’Etat à Gand conservent un rouleau similaire qui fait également partie des archives de l’évêché et qui date de 1508. Les Archives de l’Etat à Gand conservent aussi un rouleau mortuaire (de 1399) de l’abbaye de Saint-Pierre.

Un rouleau mortuaire est un document de la tradition monastique médiévale destiné à commémorer avec des prières les religieux et les bienfaiteurs défunts d’un couvent ou d’une abbaye. Concrètement, des données sur le défunt étaient notées et le document était diffusé au sein d’autres établissements religieux, tant réguliers (par ex. des couvents et des abbayes) que séculiers (par ex. des chapitres). Les rouleaux mortuaires circulaient donc pour mettre des communautés voisines au courant des décès et pour faire commémorer les défunts par des prières. Dans les listes, les « propres » défunts pouvaient également être ajoutés. Ces additions continues expliquent la longueur et la forme des rouleaux. La miniature représente les saints gantois Bavon, Lieven, Landoald et Macharius, le blason de l’abbaye de Saint-Bavon, l’abbé Joris vander Sickelen  et, par terre, un moine décédé.

Les Archives de l’Etat à Gand conservent un rôle similaire, de date plus récente, qui fait également partie des archives du diocèse.  En 1508, l’abbé Raphaël de Mercatel  – décédé la même année - prit l’initiative de faire réaliser un nouveau rouleau mortuaire. Il contient une copie de la miniature du rouleau de 1406, fût-ce dans une forme adaptée : le blason de l’abbaye a été remplacé par celui de l’abbé lui-même (un fils illégitime du duc bourguignon Philippe le Bon). Jacobus van Caestre avait été nommé comme porteur du rouleau et en cette qualité il devait voyager avec le document pour exhorter les communautés religieuses à prier pour les personnes qui étaient décédées au cours des périodes où les prédécesseurs de Mercatel étaient abbés (Willelmus van Bossuit, Jacobus van Brusele et Johannes van Sycleer). Tout comme dans le document de 1406, les défunts sont cités nominativement.

La valeur des rouleaux mortuaires a essentiellement trait à l’histoire religieuse et culturelle du Moyen Âge (tardif) : ils sont particulièrement précieux pour mener des recherches sur les réseaux religieux, la piété, les pratiques commémoratives et le culte des morts.

Les Archives de l’Etat à Gand conservent également un rouleau mortuaire de l’abbaye de Saint-Pierre, datant de 1399 et réalisé à la demande de l’abbé Gerardus Leeuwarde. Il contient une initiale ornée d’une image de saint Benoît.  Jusqu’en mars 2020, le rouleau est exposé au musée STAM dans la section « histoire de Gand ».  

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