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Généalogie : jusqu'à quelle année est-il possible de remonter ?

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01/03/2019 - Recherche

« Dans mon arbre généalogique, j’ai pu remonter jusque 1600, c’est-à-dire l’époque des registres paroissiaux les plus anciens. Est-il possible de trouver des données encore plus anciennes, et dans l’affirmative, comment ? » Découvrez jusqu'à quelle année il est possible de remonter...

Il est tout à fait possible de retrouver des ancêtres antérieurs à 1600, mais il faut hélas une bonne dose de chance. Assez logiquement, il sera plus facile de retrouver des traces si vos ancêtres vivaient dans l'aisance. Il est possible de retracer l’histoire de la bourgeoisie fortunée des villes jusqu’aux XIIIe-XIVe siècles. Pour la noblesse, des données encore plus anciennes peuvent être disponibles.  

Peu de sources antérieures à 1600 contiennent des listes systématiques des habitants. Sporadiquement, on trouve parfois un status animarum, une liste des paroissiens dans des archives ecclésiastiques, ou un recensement général de la population dans les archives des pouvoirs publics locaux.

Les archives des pouvoirs publics locaux (essentiellement les échevinages, les cours foncières et féodales) constituent un bon point de départ pour trouver des données personnelles d’Ancien Régime, c’est-à-dire pour la période antérieure à 1795. Les documents relatifs à la gestion des orphelins (états et inventaires des biens) et les actes scabinaux – où étaient enregistrées toutes sortes de transactions relatives à des terrains, des biens ou des finances  – sont les sources les plus évidentes. Mais dans ce même contexte, il ne faut pas oublier les archives notariales !
Conservés également dans les archives des pouvoirs publics locaux, les documents relatifs à la propriété foncière et à la fiscalité (matrices de biens immobiliers, terres inféodées, rentes, tributs, registres et comptes fiscaux, etc.) contiennent aussi des données à caractère personnel.  Ce type d’archives contient parfois des listes nominatives d’une partie de la population, dressées dans un but très spécifique. Ainsi, il y a des listes des hommes valides, de la possession de bétail, de dénombrements de céréales, etc. Dans les grandes villes, il y avait des listes des bourgeois (intra et extra muros), des artisans, etc., remontant parfois jusqu’au Moyen Âge. Le niveau local s’occupait par ailleurs aussi de la justice : les sources judiciaires ne doivent donc pas être négligées, surtout si vos ancêtres avaient commis l’un ou l’autre méfait ou s’ils avaient eu à subir un préjudice.

Les archives ecclésiastiques, quant à elles, contiennent aussi des données sur des biens et des finances (par exemple, la perception de la dîme), notamment dans les comptes ecclésiastiques. D’autres sources comme les testaments, les fondations d’obits, les donations, les archives de confréries et d’autres associations religieuses permettront d’avoir des informations complémentaires. Pour trouver des traces de personnes indigentes, une consultation des archives de la table des pauvres – associée à l’église – peut s’avérer utile.   

La consultation des archives d’abbayes et de couvents est moins évidente. Au Moyen Âge et aux Temps modernes, ces établissements étaient cependant de grands propriétaires fonciers disposant souvent de droits publics sur leurs territoires, c’est-à-dire qu’eux-mêmes (ou leurs représentants) s’occupaient de l’administration et de la justice locales. Au même titre, les archives de familles d’importants propriétaires fonciers ou d’agents de la région peuvent être des sources intéressantes. Si vous avez de la chance, vos ancêtres faisaient eux-mêmes partie d’une famille influente et leurs archives ont été conservées, y compris des documents professionnels ou personnels, voire des arbres généalogiques.   Si vous savez avec certitude qu’un de vos ancêtres a exercé une fonction auprès d’une autorité séculière ou ecclésiastique, il convient de consulter les archives de l’établissement en question.  

N’oubliez pas non plus de consulter à côté des sources locales celles du niveau administratif ou juridique supérieur. Qu’il s’agisse de châtellenies, de corps de métiers, de quartiers, de bailliages, de duchés, de comtés, de conseils juridiques ou de diocèses, chaque niveau hiérarchique avait sa propre administration et produisait donc des archives.

En résumé, la disponibilité de sources dépend de plusieurs facteurs : le statut socio-professionnel de vos ancêtres, leur région et leurs biens. Préparez-vous donc pour une recherche longue mais intéressante (car de nombreuses archives n’ont pas été décrites dans tous les détails ou jusqu’au niveau des noms cités), prenez des renseignements et portez un regard critique sur les données, surtout si elles proviennent de publications. 

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