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Georges Hobé a-t-il modernisé Namur ?

Projets, chantiers et réalisations en photographies

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Du 24/08/2022 au 19/11/2022Archives de l'État à Namur – Boulevard Cauchy 41, 5000 NamurHeures d'ouverture :

Du lundi au vendredi de 9h à 16h30.
Possibilité d'ouverture les week-ends sur réservation.
Ouverture exceptionnelle les samedi 10 et dimanche 11 septembre 2022 de 9h à 17h.

Tarifs : Entrée libreContact : archives.namur@arch.be - 081 65 41 98

À l’initiative des Archives Photographiques Namuroises la prochaine exposition organisée dans les locaux des Archives de l’État à Namur est consacrée à un personnage encore méconnu et à sa contribution à l’évolution de la morphologie urbaine dans la décennie précédant la première guerre mondiale : Georges Hobé. La question posée par Raymond Balau, auteur de la publication qui accompagne l’exposition, est à la fois simple et complexe : Georges Hobé a-t-il modernisé Namur ? La réponse se trouve dans ce qu’on fait aujourd’hui de l’héritage qu’il a laissé.

L’architecte décorateur Georges Hobé (1854-1936) est le personnage clé des Grands Travaux de Namur, conçus et réalisés de 1905 à 1914. Ce Bruxellois autodidacte en architecture était alors connu dans toute la Belgique pour son architecture domestique et ses villas étaient régulièrement publiées en Belgique et en France. Après sa formation dans l’atelier paternel de menuiserie mécanique et d’ébénisterie, il s’est fait connaître dans les médias à partir de 1894 pour ses contributions aux arts décoratifs modernes, avec du mobilier et des aménagements intérieurs complets. Ce qui lui a valu de prendre part à des expositions importantes en Belgique, en France, aux Pays-Bas et surtout à Turin en 1902 et à Milan en 1906, dans les deux cas aux côtés de Victor Horta ou de Léon Sneyers. Il était respecté comme entrepreneur pragmatique et commerçant avisé, mais aussi pour ses préoccupations esthétiques et ses affinités avec l’art et la nature. Il était aussi l’ami d’artistes liés aux débuts du Groupe des XX, comme Jules Lagae, les frères Jef et Jules Lambeaux, Louis-Henri Devillez, Gustave Vanaise ou Juliette et Rodolphe Wytsman.

Venu à l’architecture par goût, en commençant par sa propre maison d’été, le « Kykhill » à La Panne, il s’est rapidement constitué une vaste clientèle, sa production séduisant par des aspects pittoresques associés à des dispositions pratiques non dispendieuses et sans ostentation. Les villas et cottages ont fleuri autour de Bruxelles, au Littoral et autour de villes comme Bouillon, Gand, Liège, Mons, Namur ou Renaix. Vers 1905, alors que les influences anglaises s’effaçaient au profit d’autres, plus germaniques, bénéficiant de la confiance de Léopold II et de plusieurs ministres, il a pu accéder à des commandes institutionnelles ou publiques, liées par exemple aux trois premiers golfs de Belgique. Il a conçu le Royal Yacht Club d’Ostende, des maisons éclusières sur l’Ourthe canalisée, l’Asile Fond’Roy à Uccle, le Nouveau Kursaal de Middelkerke ou des projets urbains à Bouillon et à Namur.

Les Grands Travaux de Namur étaient sa commande de loin la plus importante. De nombreux architectes à l’origine du Mouvement moderne en Belgique ont travaillé avec lui, notamment Fernand Bodson, Jean-Baptiste Dewin ou Antoine Pompe. Les projets publics nécessitant de nombreuses interactions entres milieux institutionnels et privés, notamment les différentes sociétés « Namur-Citadelle », on retrouve à Namur des noms aussi divers que ceux des ministres Paul de Smet de Naeyer ou Auguste Delbeke, des ingénieurs des Ponts et Chaussées Théophile Dethy ou Émile Jacquemin, des entrepreneurs Ernest Baar, Armand Blaton ou Maurice Prax, des politiques locaux Joseph Grafé et surtout Fernand Golenvaux, qui a porté le programme des Grands Travaux. Côté privé il faut mentionner Émile Van Mons ou Paul Otlet, auxquels il faut associer l’architecte paysagiste Elie Laîné ou l’industriel Michel Thonar, qui étaient à l’origine des premiers projets civils des hauteurs de la Citadelle, dans un contexte de forte évolution du réseau viaire. Pour apprécier l’envergure exacte de la démarche de Georges Hobé, il est aussi nécessaire d’examiner les projets non réalisés pour le pont monumental sur la Sambre ou pour les améliorations du Grand Hôtel de la Citadelle.

La publication et l’exposition résultent d’une mise en relation de différents fonds d’archives, indispensable à la compréhension des enjeux urbains de l’époque et des aménagements et constructions toujours utilisé.e.s aujourd’hui. Les documents pris en considération relèvent donc des Archives photographiques namuroises mais aussi des compétences du Comité Animation Citadelle, ainsi que des Archives de la Ville de Namur, du Service Public de Wallonie, mobilité infrastructure, Direction des routes de Namur, du CIVA à Bruxelles, du Mundaneum à Mons, du Fonds Bétons armés Hennebique CNAM/SIAF/Cité de l'architecture et du patrimoine / Archives d'architecture contemporaine à Paris. Quelques fonds privés s’y ajoutent, comme les archives des familles Gérard ou Golenvaux, ainsi que les relevés des architectes de p.HD, en charge de la restauration du Stade des jeux & du Théâtre en plein air.

Cette initiative intervient à un moment clé de la prise en compte de l'héritage laissé par Georges Hobé à Namur. En effet, nous sommes à l'aube de la restauration du complexe du Stade des jeux et du Théâtre en plein air, consécutive au classement de l'ensemble par la Région wallonne. La villa Golenvaux qui doit beaucoup à Georges Hobé dans sa configuration actuelle fait elle aussi l'objet d'une restauration complète. Le projet nourrit la réflexion sur le choix de l'emplacement pour la reconstruction du petit pavillon d'entrée du kursaal de Namur, conçu par Georges Hobé. Enfin, il renforce la volonté de classement par la Région wallonne du promenoir de Meuse dont la conception lui doit beaucoup.

L’exposition se décline en visuels composés de reproductions de plans, de photographies et d'objets déployés autour de sept panneaux principaux dont les deux premiers présentent succinctement la biographie de Georges Hobé et les repères chronologiques d’inscription de son œuvre bâti à Namur. Les suivants s’attachent à la description et à l’analyse de son intervention dans les grands travaux d’urbanisme dont la conception lui est confiée, à savoir l’aménagement de la façade fluviale de la ville, le nouveau kursaal à La Plante, la Route merveilleuse, le stade des jeux et le théâtre en plein air à la Citadelle. Le dernier panneau s’attache spécifiquement aux projets non réalisés, en raison d’une part des choix opérés par les commanditaires et de l’arrêt brusque du programme au moment du déclenchement de la première guerre mondiale en août 1914.

 

L'ouvrage

Le nouvel ouvrage édité par les Archives Photographiques Namuroises est consacré par Raymond Balau aux Grands Travaux de Namur confiés à l’architecte décorateur Georges Hobé entre 1905 et 1914. La préface d’Emmanuel Bodart, conservateur des Archives de l’État à Namur, et de Vincent Bruch, président des Archives Photographiques Namuroises, insiste sur l'opportunité de la publication de cet ouvrage dû au meilleur spécialiste de la question, à un moment essentiel de la prise en compte et de la mise en valeur de l'héritage laissé à Namur par Georges Hobé.

Dans une approche émancipée de la stricte chronologie, l’auteur propose un survol des transformations urbaines et paysagères consécutives à ces Grands Travaux, en mixant les observations de terrain et les ressources de différents fonds d’archives. Pour fonder la question qui donne son titre à l’ouvrage, et dont les éléments de réponse sont en partie dans l’avenir, il a scindé son propos : un essai balaie le sujet en incluant des éléments de chronologie et surtout une réflexion sur l’évolution actuelle du phénomène « Hobé » ; un album de photographies offre une lecture d’images propice à connecter ce qui s’appréhende in situ avec le recul historique. Cette publication met aussi en évidence de nouveaux champs de recherche susceptibles d’enrichir les connaissances utiles à la bonne gouvernance des lieux et à l’art d’en jouir.

 

Raymond Balau, Georges Hobé a-t-il modernisé Namur ? Projets, chantiers et réalisations en photographies, Namur, Édition Archives photographiques namuroises asbl, 2022, 192 p.

En vente au prix de 28,00 € aux Archives de l’État à Namur et distribué également par les Editions namuroises dans les librairies.

 

Infos pratiques

Exposition ouverte du lundi au vendredi de 9h à 16h30 du 24 août au 19 novembre 2022. Accès libre et gratuit.

Possibilité d'ouverture les week-ends sur réservation.

Ouverture exceptionnelle lors des Journées du Patrimoine les samedi 10 et dimanche 11 septembre 2022 de 9h à 17h.

 

    

 

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