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Archéologie wallonne : recherches historiques sur Chièvres et Namur

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Contenu

En 2013, les Archives de l'État établissaient une première convention de partenariat avec la Direction de l’Archéologie du Service public de Wallonie (SPW), devenue au 1er janvier 2018 l’Agence Wallonne du Patrimoine (AWaP). Financé par la Région wallonne, le premier projet fut lancé en 2015. Depuis, la collaboration fructueuse se poursuit.

L’objectif principal est de mener des recherches historiques relatives à plusieurs opérations archéologiques réalisées en Wallonie, en particulier dans le Hainaut (avec la ville de Chièvres) et dans le Namurois (avec la Place Maurice Servais à Namur). Par la suite, le projet pourrait être étendu à la province de Liège.

L’analyse des documents conservés aux Archives de l’État permettent en effet de soutenir et de compléter les enquêtes archéologiques menées sur le terrain. Les archives d’Ancien Régime notamment sont d’un intérêt exceptionnel pour l’histoire de la Wallonie.
 

1) Chièvres

Le premier chantier étudié est la ville de Chièvres, une des plus anciennes localités du pays d’Ath. Depuis 1991, les archéologues sont intervenus régulièrement dans le centre urbain préalablement à la construction de nouveaux édifices, à la restauration de monuments anciens ou à la pose d’impétrants. De nombreuses informations sont engrangées au cours de ces différentes opérations, contribuant à une meilleure connaissance du patrimoine de la ville, mais aussi de son environnement et de son histoire. Sur le plan archivistique, la ville de Chièvres a la chance d’avoir conservé ses archives d’Ancien régime, déposées aux Archives de l’État à Mons en 1943 et inventoriées en 1948.

Chièvres offre un potentiel historique et archéologique qui ne manque pas de rappeler que la pratique historique au 21e siècle ne peut s’envisager que sous le sceau de l’interdisciplinarité.

Le projet a bénéficié de 18 mois de dépouillement et de recherche. Il a offert une interprétation permettant de soutenir et de documenter les 13 campagnes archéologiques menées entre 1991 et 2014. Chargée du projet, Laetizia Puccio a présenté un rapport historique le plus complet afin de répondre au souhait de l’archéologie qui était double : d’une part, répondre stricto sensu aux questions posées par les découvertes archéologiques ; d’autre part, étudier l’évolution urbaine de Chièvres et remonter, si possible, aux origines du bourg castral. Dans ce cadre, l’historienne a consulté les archives communales qui sont nombreuses et variées dans les domaines de l’administration en général, de la comptabilité (comptes communaux, comptes des chapelles, comptes de l’hôpital, comptes de l’église Saint-Martin), de la fiscalité (cartulaires de la taille d’héritage), de la bienfaisance. Elle s'est également appuyée sur les archives cadastrales ou encore les archives de la Chambre des comptes, conservées aux Archives générales du Royaume.

La parution d’une monographie approfondie dans les prochains mois fera la synthèse de plus de 25 ans de recherche.

En 2019, 4 cartulaires de la ville de Chièvres ont, par ailleurs, été numérisés et sont consultables en ligne ainsi que dans toutes les salles de lecture numériques des Archives de l'État. Il s’agit de registres fiscaux, ancêtres de notre cadastre.

 

2) Namur

Le deuxième projet pour lequel les Archives de l’État ont été sollicitées par les archéologues porte sur la ville de Namur et plus particulièrement sur les opérations archéologiques menées en 2008 à la place Maurice Servais à Namur.

Qu’il s’agisse des périodes antique, médiévale, moderne ou contemporaine, la place Maurice Servais occupe une position privilégiée dans la topographie namuroise. Elle était traversée jadis par une rue qui reliait la rue des Fossés fleuris aux petits moulins de la Sambre. Son nom, la rue du Four, traduit la spécialisation d’une majorité de ses occupants durant les époques médiévales et modernes. Outre la proximité de la Sambre, la rue du Four était parallèle à la grande halle au blé de Namur. L’intérêt du site pour l’histoire de la ville, la densité des données archéologiques, les travaux de post-fouilles et un projet de publication appelaient une étude historique dans les archives.

Chargée du projet de partenariat depuis 2015, Laetizia Puccio a dépouillé et analysé toute la documentation conservée aux Archives de l’État mais aussi à la Ville de Namur, à partir du début du 15e siècle jusqu’au 20e siècle, susceptible d’apporter un éclaircissement sur les données  archéologiques de la place Maurice Servais. Partant des énormes registres de la Haute Cour de Namur qui enregistrent depuis 1411 les transferts de droits réels portant sur les biens immobiliers du ressort judiciaire de l’échevinage de Namur, en passant par les archives administratives, comptables, ecclésiastiques, et à nouveau par une étude des plans et du cadastre, le projet a permis de retracer l’ensemble du parcellaire de la zone fouillée et de ses alentours afin de répondre aux questions posées par l’archéologie et contribué à une meilleure connaissance de l’histoire du quartier de la rue des Brasseurs et de la ville de Namur en général.

En cours de route, le Comité d’accompagnement du projet a décidé, vu l’ampleur du dépouillement des registres de la Haute Cour, de le rentabiliser en tenant compte, en plus du quartier délimité par les opérations de la place Maurice Servais, de tous les noms de lieux susceptibles d’intéresser d’autres projets archéologiques déjà menés et à venir. La base de données comporte à l’heure actuelle plus de 22.000 enregistrements.

À l’aube de l’année 2022, le Namurois cède sa place au Brabant wallon. La prochaine ville visée par une étude archivistique commandée par l’Archéologie wallonne est Nivelles. Elle concerne sans aucun doute l’un des plus beaux fonds d’Ancien Régime conservé aux Archives de l’État.

Partenaires

Ce projet est réalisé au sein des Archives de l’État grâce à un financement de l’Agence Wallonne du Patrimoine (AWaP).

Collaborateurs

Chargée de projet : Laetizia Puccio (Archives de l'État à Namur).

Le Comité scientifique est composé de :

  • Emmanuel Bodart, chef de service, Archives de l’État à Namur,
  • Frédéric Chantinne, archéologue attaché, AWaP, Direction Opérationnelle Zone Centre
  • Raphaël Vanmechelen, archéologue attaché, AWaP, Direction Opérationnelle Zone Centre (pour les opérations archéologiques de la Place Maurice Servais)
  • Dolorès Ingels, archéologue attachée, AWaP, Direction opérationnelle Zone Ouest (pour les opérations archéologiques de Chièvres).

Publications

Puccio L., Redécouverte de Chièvres, dans : Science Connection n°55, 2017, p. 40-43.

Ingels D. (dir.), L’archéologie à Chièvres (1991-2014), Étude et Documents, Mons, AWaP, [auteure de la partie historique] (à paraître).

Ingels D. et Puccio L., « La fortification de Chièvres comme manifestation de l’évolution urbaine et institutionnelle de la ville », Institutions diachroniques en Wallonie (à paraître en 2022).

Ingels D. et Puccio L., « L’archéologie à Chièvres. Une approche multidisciplinaire de l’histoire urbaine », Actes du 10e congrès de l’Association des Cercles Francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique et LVIIe Congrès de la Fédération des Carles d’Archéologie et d’Histoire de Belgique, Arlon, 18, 19, 20 août 2016, vol. III, Luxembourg, 2018, p. 362-372.

Actualités

Il n'y a aucune actualité pour ce projet.

Liens

Page mise à jour le 30 novembre 2021

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