Après deux éditions épuisées, cet ouvrage monumental est de nouveau disponible en librairie : en version papier et en version électronique. Ce livre est bien plus qu'une simple publication. : il s’agit d’une réhabilitation.
Avec une précision quasi monastique, l'historienne Claire Pahaut retrace le parcours d'environ 2 250 femmes originaires de Belgique qui ont été déportées au camp de concentration de Ravensbrück : des résistantes, des prisonnières politiques, des femmes déportées pour des raisons raciales, mais aussi celles qui ont trouvé refuge en Belgique après la guerre. Ce sont toutes des femmes dont l'histoire a trop souvent été reléguée dans les notes de bas de page : jusqu'à présent.
Un livre qui continue d’émouvoir et de marquer les esprits
Prenons l'exemple de l'assistante sociale Lisette Bissot (1914-1981), qui s'est engagée pendant l'occupation en faveur des enfants juifs, des personnes en fuite et des réseaux de résistance. Cet engagement l'a mise dans le collimateur de la Geheime Feldpolizei. Elle a été arrêtée le 13 août 1943. Elle a été détenue successivement à Saint-Léonard, Saint-Gilles et à la prison de Düren. Même enceinte de neuf mois, elle a continué à être interrogée sous pression. Le 30 avril 1944, elle accoucha dans une cave de l'hôpital Brugmann, sans soins, sans famille, aidée par une autre patiente. Le lendemain, elle fut séparée de son bébé et mise en déportation. En novembre 1944, elle arriva à Ravensbrück, où la faim, la maladie et l'épuisement brisèrent son corps. Elle continua à se battre. S’en suivirent évacuations, bombardements et enfin la libération le 24 avril 1945. Lisette est retournée en Belgique. Son histoire est celle d'une femme qui a été détruite, mais pas brisée. Les traces de Ravensbrück ont continué à se faire sentir des générations plus tard. Sa petite-fille en a témoigné dans « Retour aux sources ».
Andrée Dumon (1922 - 2025) – nom de code « Nadine » – a grandi à Uccle et, jeune femme, a rejoint le réseau d'évasion Comète, où elle a accompagné des pilotes alliés abattus vers l'Espagne. Elle travaillait rapidement, avec audace et un sens aigu du danger. Le 11 août 1942, elle a été arrêtée par la Geheime Feldpolizei à Bruxelles et a disparu en tant que prisonnière Nacht-und-Nebel. Le parcours qui a suivi fut impitoyable : Saint-Gilles, Trèves, Cologne, Essen, Zweibrücken, Mesum et Gross-Strehlitz. En janvier 1945, elle arriva à Ravensbrück, le camp pour femmes où les nazis considéraient les résistantes comme des « grandes criminelles ». Deux mois plus tard, elle fut déportée à Mauthausen. Contre toute logique, elle survécut et se reconstruisit une vie après la guerre. Elle est décédée au début de cette année à l'âge de 102 ans : une femme qui a non seulement tenu bon, mais qui a aussi continué à témoigner.
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Pahaut Claire, Ces Dames de Ravensbrück. Contribution au mémorial belge des femmes déportées à Ravensbrück. 1939-1945, Studia 178, Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2025.
- ISBN 978 94 6391 452 9 | 347 p | broché : 35,00 € | À commander via publicat@arch.be.
- ISBN 978 94 6391 595 3| 347 p | e-PDF : 15,00 € | À commander via publicat@arch.be.






