Archives de l'État en Belgique

Notre mémoire à tous !

Menu

La radio-télévision belge, émissions francophones (RTB) : enjeux de la structuration d’un service public (1960-1977)

Texte petit  Texte normal  Texte grand

Contenu

Bien qu’elle marque de son emprunte le paysage audiovisuel belge depuis plus de 80 ans, la radio-télévision publique francophone belge a fait l’objet d’un nombre restreint d’études. Certes, des travaux ont été réalisés lors d’événements ponctuels ou sur des facettes bien précises de ce média, mais aucune étude n’aborde la radiodiffusion de service public dans sa globalité.

La loi du 18 mai 1960 met fin à l’existence de l’Institut national de radiodiffusion (INR) et met en place trois instituts indépendants : la Radiodiffusion-télévision belge, émissions françaises (RTB), la Belgische radio en televisie, Nederlandstalige uitzendigen (BRT) et l’Institut des services communs (ISC), respectivement chargés du service public de la radiodiffusion de langue française, néerlandaise et des fonctions administratives et techniques communes. Par de telles dispositions, le législateur souhaitait garantir l’autonomie culturelle de la BRT et de la RTB, l’indépendance des instituts vis-à-vis du Gouvernement et la liberté d’information. La fédéralisation progressive du pays marque également de son emprunte l’organisation de la RTB puisqu’en avril 1966, elle est placée sous l’autorité du ministre de la Culture française. En 1970, l’audiovisuel est considéré comme une matière relevant de la compétence des Communautés et la RTB se décentralise avec la création de cinq centres régionaux autonomes de production radiophonique et télévisuelle. Cette transformation correspond à l’évolution politique et culturelle que connaît le pays et qui accorde une importance croissante à la vie des régions et à la tendance des moyens de communication sociale de s’adresser à des publics de plus en plus restreints. La recherche d’un nouveau statut pour la RTB, mieux adapté à l’évolution institutionnelle du pays en matière de régionalisation et d’autonomie culturelle, fut la préoccupation des divers gouvernements qui se sont succédés depuis 1970. Par la loi du 18 février 1977, l’Institut des services communs est dissout. La RTB et la BRT deviennent alors deux instituts totalement séparés relevant chacun de leur Conseil culturel respectif. Par un décret en date du 12 décembre 1977, le Conseil culturel de la Communauté française crée la Radio-télévision belge de la Communauté culturelle française (RTBF).

La radio-télévision, en tant que service public émanant de l’État, est une institution qui s’est structurée non seulement en fonction des rôles qui lui ont été assignés par le législateur mais aussi en fonction des interactions avec la société dans laquelle elle s’inscrit. L’étude de cette évolution et cette structuration ne peut se faire sans prendre en compte les dimensions politiques, économiques, culturelles, sociales, autonomistes et technologiques qui caractérisent la société belge de l’époque et dont le service public de la radio-télévision en est en fait le reflet. Cependant, outre ces facteurs d’influence que l’on pourrait qualifier d’externes, il existe également des éléments internes à la RTB qui ont également joué un rôle structurant.

Après un aperçu de l’évolution historique de la radio et de la télévision en Belgique en l’inscrivant dans une perspective internationale, l’étude se penchera sur la définition et la conceptualisation de la notion de service publique de la radio-télévision et sur l’analyse du statut de la RTB pour la période de référence à savoir 1960-1977. Ensuite, seront abordés les différents facteurs qui ont structurés le service public et ainsi que la façon dont cette structuration s’est matérialisée concrètement. Il est impossible de cloisonner strictement ces différents facteurs qui interagissent entre eux et les adaptations de la RTB à ces pressions sont évolutives.

 

Thèse en 2 parties

Près de 500 mètres linéaires de documents ont été versés successivement aux Archives générales du Royaume entre les années 1977 et 1988. Ces documents constituent une source inédite car ils n’ont, à ce jour, pas encore été ouverts à la recherche. Un inventaire des archives de la RTB (F) sera effectué dans le cadre de la thèse menée par Flore Plisnier.

Ces archives couvrent des aspects multiples et variés de l’histoire de la Radio-télévision publique francophone. Il s’agit non seulement de documents administratifs se rapportant à la gestion de l’institution (conseil d’administration, etc.), mais également de documents se rapportant aux programmes et aux émissions produites (lignes de conduite des émissions) ainsi que des archives provenant de Robert Wangermée, directeur général de 1960 à 1984.

Le projet de recherche a également permis de procéder à un nouveau versement d’archives, qui étaient encore conservées dans les locaux de la RTBF. En février 2014, quelques 370 mètres linéaires de documents sont ainsi venus accroître le fonds RTB(F) conservé aux Archives générales du Royaume.

Flore Plisnier a défendu sa thèse de doctorat le 15 mars 2017 à l'ULB.

Collaborateurs

Thèse de doctorat par Flore Plisnier, sous la direction de Serge Jaumain (ULB).

Actualités

Il n'y a aucune actualité pour ce projet.
Partager cette page :
www.belspo.be www.belgium.be e-Procurement