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Inventaire des archives de la prison de Saint-Gilles

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27/08/2019 - Recherche - Inventoriage - Publications - Archives de l'État à Bruxelles

Pendant de nombreuses années, les archives de la prison de Saint-Gilles ont été conservées dans des conditions désastreuses, à savoir dans des caves emplies de moisissures, de rats, de souris et de pigeons, et ce en dépit de protestations répétées des archivistes des Archives de l’État. Il y a quelques années, les archives ont finalement été transférées. Un inventaire numérique conclut maintenant ce dossier difficile. La valeur du contenu des archives ne peut être sous-estimée …

En fonction depuis 1885, la prison de Saint-Gilles a joué un rôle important dans l’histoire de la Belgique. Pendant les deux conflits mondiaux, la prison est passée sous contrôle des Allemands. Après la Seconde Guerre mondiale, les leaders des collaborateurs et de certains organismes politiques et militaires, ainsi que des propagandistes et des espions furent enfermés à Saint-Gilles.

Pendant de nombreuses années, les archives de la prison de Saint-Gilles ont été conservées dans des conditions désastreuses, à savoir dans des caves emplies de moisissures, de rats, de souris et de pigeons. À de nombreuses reprises, les Archives de l’État ont protesté contre cette situation, sans que les choses changent sur le terrain. Il y a quelques années, le versement de ces archives a été réalisé dans des conditions très difficiles. Les quatorze collaborateurs des Archives de l’État qui se sont portés volontaires pour l’opération ont même dû revêtir des combinaisons protectrices pour descendre dans les caves de la prison afin d’y sauver les archives. Bien évidemment, il a fallu ensuite traiter les archives contre les moisissures avant de pouvoir les classer et les inventorier. La publication (numérique) d’un inventaire conclut maintenant ce dossier difficile. 

Les journaux contenant l’enregistrement des détenus entrants et sortants et les séries des registres d’écrou forment l’épine dorsale des archives de la prison. Il s’agit de données uniques avec des informations qui ne sont conservées nulle part ailleurs.  

Les archives pénitentiaires offrent de nombreuses possibilités de recherches. Ainsi, pour la période 1920-1960, il existe des fiches alphabétiques des détenus. Ces fiches mentionnent les dates de l’emprisonnement, ce qui permet de mener des recherches dans les registres d’écrou. Ceux-ci contiennent entre autres le nom, le prénom, les noms des parents, la profession, l’état civil, la religion, l’âge et la date de sortie. La date du jugement et l’identité du tribunal ayant condamné le détenu constituent des éléments primordiaux. Sur base de ces données, l’on peut poursuivre des recherches dans les archives des tribunaux, qui sont également conservées aux Archives de l’État.  

Votre (arrière-)grand-père a été en prison et vous voulez en savoir plus sur son apparence physique du moment ? Les registres antérieurs à la Première Guerre mondiale procurent aussi un signalement physique (taille, couleur de la chevelure et des yeux, description du visage, du nez, de la bouche, du menton et la morphologie. Les dossiers « anthropologiques » de l’entre-deux-guerres contiennent même des photos. 

Depuis les années 1990, les Archives de l’État ont publié 27 inventaires d’archives pénitentiaires. À côté de la prison de Saint-Gilles, il s’agit de celles d’Alost, Anvers, Breendonk, Bruges, Charleroi, Termonde, Dinant, Tournai, Gand, Hasselt, Huy, Ypres, Courtrai, Louvain, Liège, Marche-en-Famenne, Malines, Audenarde, Namur, Tongres, Turnhout, Verviers, Furnes et Vilvorde.  

   

   

Les archives sont-elles librement consultables ?

Les archives de plus de 100 ans sont librement consultables. Les archives pénitentiaires de plus de 30 ans qui ne sont pas sensibles sur le plan de la protection de la vie privée sont également librement accessibles. Pour consulter des archives pénitentiaires de plus de 30 ans qui sont sensibles sur le plan de la protection de la vie privée, il est nécessaire d’obtenir une autorisation de l’Archiviste général du Royaume ou de son mandataire. Pour les documents de moins de 30 ans (peu présents dans le fonds), il est nécessaire d’obtenir une autorisation de la DG Établissements pénitentiaires du SPF Justice.

Inventaire

L’inventaire numérique peut être consulté gratuitement via notre moteur de recherche ou via le webshop.

Deceulaer Harald, De Prins Gert et Tallier Pierre-Alain, Inventaris van het archief van de gevangenis van Sint-Gillis, 1885-1991, série Inventaires Archives de l’État à Bruxelles 87, publication 5998, Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2019.

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