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Publication des inventaires des archives de la police judiciaire près les parquets d’Anvers et de Gand

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09/01/2019 - Inventoriage - Publications - Archives de l'État à Gand - Archives de l'État à Anvers-Beveren

Les archives de la police judiciaire près les parquets d’Anvers et de Gand contiennent en premier lieu des dossiers d’instruction relatifs au droit commun (meurtres, homicides, drogues). En outre, certaines sections des brigades d’Anvers et de Gand conservaient également de la documentation sur des affaires concernant l’ordre public et la sûreté de l’État, comme par exemple les grèves, les manifestations, le trafic d’armes, les attaques à la bombe, la collaboration en temps de guerre et sa répression, les crimes de guerre, la contrebande de diamants, le terrorisme. 

Créée aux lendemains de la Première Guerre mondiale, par une loi du 7 avril 1919, la police judiciaire près les parquets (PJP) a été dissoute en l’an 2000 pour être transférée aux services judiciaires de la police fédérale.  

La principale motivation pour la création de la police judiciaire était la présence dans certaines régions du pays de bandes violentes qui se déplaçaient continuellement et terrorisaient la population. Ces bandes profitaient du vide de pouvoir qui s’était instauré après la guerre. La situation d’insécurité d’après-guerre nécessitait la création d’un corps de police spécialisé pouvant intervenir au-delà des frontières communales.   

La principale mission de la PJP était la lutte contre des méfaits de droit commun et la collecte de preuves pour le compte du procureur du Roi ou un juge d’instruction. La police judicaire a mené des instructions relatives à des meurtres, homicides, incendies criminels, perceurs de coffre-fort,  vols retentissants d’œuvres d’arts (ex: celui du panneau « Les juges intègres » du retable de L'Adoration de l'agneau mystique), jeux de paris et de hasard illégaux, décès suspects, fraude et escroquerie, émission de billets de banque falsifiés, etc.  L’inventaire des archives de la PJP de Gand décrit des dossiers d’instruction relatifs à de telles affaires.   

Les archives des brigades de la PJP contiennent également d’autres types de dossiers. En effet, ce qui est moins connu, c’est que la police judiciaire était également en charge du monitoring de groupes de personnes pouvant représenter un risque pour la sécurité interne et externe du pays. La police judiciaire pouvait glaner des informations à ce sujet et conserver cette documentation. La PJP menait des instructions sur des groupuscules extrémistes, tant de gauche que de droite, elle observait des étrangers et des migrants suspects d’activités subversives ou d’espionnage.  Les inventaires décrivent des  centaines de dossiers de personnes, groupes, associations et sociétés. Les membres de la PJP assistaient à des réunions, prenaient des personnes en filature et faisaient appels à des indics. Dans certains cas, ils faisaient des perquisitions ou saisissaient des imprimés et des matériaux incriminants. Pour leurs interventions, ils se basaient aussi sur la presse et sur des informations en provenance d’autres services de police ou de renseignement.

Les dossiers ont trait à des affaires très diverses relatives à l’ordre public et à la sûreté de l’État, comme par ex. des grèves, des manifestations, le trafic d’armes, des attaques à la bombe, le sabotage de navires, les mouvements communistes et anticommunistes, les organisations juives, l’agitation nationaliste flamande, la collaboration et la répression, les crimes de guerre, les étrangers, le terrorisme, etc.    

Étant donné que tous les documents ont moins de 100 ans, une autorisation écrite du procureur général compétent est toujours nécessaire pour pouvoir les consulter, comme par ailleurs pour toutes les archives judiciaires d’affaires criminelles.  

Les inventaires ont été présentés le 14 décembre 2018 lors de la journée d’étude De archieven van de misdaad qui s’est tenue au musée STAM, où l’on peut encore visiter l’exposition Het museum van de misdaad, basée sur les collections du musée de la police judiciaire.

Inventaires

Les inventaires peuvent être téléchargés gratuitement en pdf via webshop. Les versions papier sont disponibles aux Archives de l’État à Anvers-Beveren, à Gand ou à la boutique des Archives générales du Royaume. Ils peuvent également être commandés via publicat@arch.be.

DROSSENS Paul, Inventaris van het archief van de gerechtelijke politie bij het parket van de procureur des Konings van Antwerpen (PK Antwerpen 2001 C) 1919-1999, série Inventaires Archives de ’État à Anvers n°102, Publication 5908, Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2018, 20 € (+ frais d’envoi éventuels).

  1. DROSSENS Paul et VELLE Karel, Inventaris van het archief van de gerechtelijke politie bij het parket van de procureur des Konings van Gent 1919-2001, série Inventaires Archives de l’État à Gand n°150, Publication 5936, Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2018, 7 € (+ frais d’envoi éventuels).
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