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Les archives au service de l'archéologie à Chièvres

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03/08/2017 - Recherche - Archives de l'État à Mons - Archives générales du Royaume

Ces derniers mois, une historienne des Archives de l’État s’est penchée sur les archives de Chièvres pour venir en appui aux fouilles archéologiques sur le terrain. Son constat est implacable : les archives continuent de dévoiler des informations inédites sur cette ville ! Au Moyen-Age, par exemple, Chièvres comptait 3 prisons ! Deux nouvelles cartes de Chièvres en 1424 et 1600 ont été réalisées dans la foulée.

De prime abord, certains historiens donnaient l’impression qu’il n’y avait plus rien à tirer des archives de Chièvres, tout ayant été exploité de près ou de loin par le passé. Une nouvelle lecture de celles-ci, à la lumière des attentes de l’archéologie, démontre très rapidement le contraire.

Les archives sur Chièvres ont dévoilé des informations inédites sur le mur du château, la présence de prisons au 14e siècle, les restaurations de l’église Saint-Martin, etc. Les résultats obtenus encouragent à revoir et à réécrire dans sa totalité l’histoire de Chièvres en tant que petite ville fortifiée de l’ancien comté de Hainaut. Ils témoignent d’une approche multidisciplinaire et d’un partenariat réussi entre les Archives de l’État et la Direction de l’Archéologie du Service Public de Wallonie.

Depuis 1991, le Service de l’Archéologie de la Direction du Hainaut intervient régulièrement à Chièvres, essentiellement dans son centre urbain. Treize sites archéologiques ont vu le jour aux quatre coins de la commune. Les données, qui s’étalent chronologiquement du 2e siècle de notre ère jusqu’à nos jours, ont appelé à une nouvelle enquête dans les archives.

Plus de 58 mètres d'archives

Menée par Laetizia Puccio, chargée de projet aux Archives de l’État, la recherche historique a été possible car, bien qu’une majorité des archives du Hainaut ait brûlé dans l’incendie du dépôt des Archives de l’État à Mons en 1940, Chièvres peut s’enorgueillir d’avoir conservé une bonne partie de ses archives d’Ancien régime. Déposé aux Archives de l’État à Mons en 1943, le fonds est composé de plus de 58 mètres linéaires de documents datés entre 1404 et 1922. On y retrouve des archives sur l’hôpital Saint-Nicolas, la Table des pauvres, la Maladrerie Saint-Lazare de Neuville, les terres et pairies de Chièvres, etc.

Outre les archives communales, qui sont nombreuses et variées dans les domaines de l’administration en général, de la comptabilité (comptes communaux, comptes des chapelles, comptes de l’hôpital, comptes de l’église Saint-Martin), de la fiscalité (cartulaires de la taille d’héritage), de la bienfaisance, Laetizia Puccio s'est également appuyée sur les archives cadastrales ou encore les archives de la Chambre des comptes, conservées aux Archives générales du Royaume.

Le souhait de l’archéologie était également de localiser l’ensemble des données par rapport à l’évolution de la ville. La démarche a consisté à conjuguer sources écrites, sources matérielles/archéologiques et sources iconographiques/planimétriques. La topographie historique apparaît dès lors comme faisant le lien entre l’espace et la société qui l’occupe. Au-delà de la représentation descriptive de la ville et de ses habitants, l’analyse de sa structuration à travers les plans, appuyée par l’archéologie, a mené à un approfondissement inédit des connaissances de l’histoire urbaine.

Cette collaboration fructueuse a permis de reconstituer le plan de la ville depuis son origine sinon à des étapes successives de son évolution. Deux nouvelles cartes inédites de Chièvres en 1424 et 1600 ainsi que l’étude historique seront publiées prochainement dans un ouvrage de synthèse sur le sujet.

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