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Archevêque arménien décédé à Anvers au XVIIIe siècle

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21/05/2016 - Divers - Archives de l'État à Anvers-Beveren

En juillet 1708, Thomas Vardapiet de Wanand, abbé de l’ordre de Saint-Antoine et archevêque de la Sainte-Croix de la province ecclésiastique de Gochtan, en Arménie perse, arrive avec deux serviteurs à Anvers. Il séjourne dans le cellier du chapitre cathédral, aux frais du vicariat de l’évêché alors vacant. Quelques semaines plus tard, il y décéde, âgé de 90 ans selon certaines sources.
Le 10 septembre 1708, il est inhumé devant le choeur de la Cathédrale de Notre-Dame, au pied du grand autel et sous la dalle funéraire d’un autre archevêque, Huguinus (Miller O’Higgin), archevêque de Thuam en Irlande, décédé deux siècles plus tôt.
Le même jour, 10 septembre 1708, le notaire Jacques Boeye dresse l'inventaire des papiers et effets laissés par Thomas Vardapiet. Il s’agit essentiellement de livres écrits en arménien, dont une introduction à la mappemonde, un exemplaire de l’Imitatio Christi (L'imitation du Christ) de Thomas a Kempis, un bréviaire et un Nouveau Testament. Pourquoi Thomas Vardapiet possédait-il tant de livres arméniens ? Tout simplement parce qu'en 1695, soit 13 ans auparavant, il s’était déjà rendu en Occident pour fonder une imprimerie en langue arménienne à Amsterdam.
Le notaire Boeye recopia également dans son inventaire les principaux documents qu’il trouva, notamment des passeports et des lettres de recommandation. Parmi les documents figurent trois actes, rédigés en arménien. A l'époque, le notaire s’adressa aux serviteurs de Vardapiet pour en savoir en quoi consiste ces trois actes. Le notaire fournit au vicariat une copie de tout le dossier, y compris les documents en arménien, illisibles même pour un paléographe occidental expérimenté…

Tout récemment, le dr. Sebouh Aslanian, professeur d’histoire arménienne à l’UCLA de Los Angeles, attira l'attention des Archives de l’État à Anvers-Beveren sur l’existence de ces documents et sur la description que l’archiviste Jules Vannérus en avait publiée en 1906 dans la Revue des Bibliothèques et Archives de Belgique, vol. IV (1906), p. 299-31. Pour Michel Oosterbosch, archiviste aux Archives de l’État à Anvers-Beveren, il s'agit d'une redécouverte. Le dossier du notaire Boeye est consultable au sein du fonds "Bisdom en Seminarie van Antwerpen", n°4.

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