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Les archives des Papeteries de Genval aux Archives de l'État à Louvain-la-Neuve

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21/06/2012 - Acquisitions - Archives de l'État à Louvain-la-Neuve

En 2011, les archives des anciennes Papeteries de Genval ont été transférées aux Archives de l’État à Louvain-la-Neuve. D’un métrage de 173 mètres (dont 4 mètres de plans), ce fonds d’une richesse indéniable permet de retracer toute l’histoire de l’entreprise brabançonne, depuis sa fondation en 1904 par Auguste Lannoye jusqu’à 1980 et la mise en faillite du groupe Balamundi, auquel les papeteries avaient adhéré en 1965.

Fondées en 1904 par Auguste Lannoye, les Papeteries de Genval produisaient du papier. Tout au long de leur existence, elles se sont caractérisées par un souci d’innovation, investissant avant tout le monde dans le balatum et le papier kraft. L'entreprise est également connue pour sa politique sociale, celle-ci ayant instauré mutuelle et conseils d’entreprise avant l’obligation légale. Son impact sur la physionomie de la commune est considérable, tant au niveau de la construction d’habitations ouvrières, de l’église de Maubroux ou d’une gare de triage, que du financement des écoles de la région. Les Papeteries de Genval s’insèrent bien dans la tradition de l’industrie du papier, présente dans le Roman Pays de Brabant depuis le XVIIe siècle. L’entreprise possédait cependant trois autres sites de production, à Mont-Saint-Guibert, à Tournai et à Warneton. En 1965, les Papeteries de Genval adhèrent au groupe Balamundi. En 1980, le groupe Balamundi est en faillite.

Des archives plusieurs fois sauvées

La volonté de mettre à l’abri les archives de cette entreprise s’est manifestée dès 1984, au travers de l’asbl Les Papeteries, dont la mission était également de récolter des témoignages oraux. En 1991, quelques 500 mètres d’archives, appartienant alors à la commune depuis leur rachat à la curatelle, sont confiées aux bons soins du Cercle d’Histoire de Rixensart et transférées au sous-sol de la villa Beau-Site (villa Hamesse) à Genval. En 1998, après une rupture de la majorité en place, les archives sont envoyées au parc à conteneurs, alors qu’un budget avait été voté deux ans plus tôt pour classer et valoriser les documents. Les documents sont sauvés de justesse, grâce à la vigilance des membres du Cercle d’Histoire.

En 1999, les archives sont transférées dans l’ancien entrepôt Colruyt, situé à la rue Boisacq à Rixensart, où étaient également conservées les archives communales et celles du CPAS. Elles y sont enfin triées et classées. Une liste sommaire des documents est dressée, faisant apparaître les grandes séries et les nombreuses possibilités d’exploitation du fonds : organes de direction, processus de production, infrastructure, filiales, politique sociale, statistiques, comptabilité, achats et ventes, exportation, bâtiments, rapports avec les autorités communales, dommages de guerre, sociétés absorbées, formation, recrutement et rémunération du personnel, etc. Le fonds est complété par une belle collection de photographies et d’échantillons.

Suite à la décision du bourgmestre de Rixensart de réaffecter l’entrepôt de la Rue Boisacq, l’idée de déposer les archives des Papeteries aux Archives de l’État est née.

A peine arrivées… et déjà utilisées par les chercheurs

Dès son arrivée aux Archives de l’État, le fonds a suscité l’intérêt de plusieurs chercheurs de tous horizons, et notamment d’une équipe de scientifiques de l’Institut royal du Patrimoine artistique (IRPA). En 2006, en effet, la Direction des Monuments et des Sites de la Région Bruxelles-Capitale et l’IRPA ont lancé un projet d’inventaire des papiers peints de la Région bruxelloise. Le Service d’étude des décors de monuments historiques de l'IRPA collecte des informations relatives au type de papier utilisé, aux couleurs et motifs, aux techniques d’impression, etc.

Rapidement, la réalisation d’un glossaire des papiers peints, en parallèle à celle de l’inventaire, devient indispensable. Bien plus qu’un simple lexique, il a pour but de définir tout le vocabulaire lié au papier peint, depuis la technique de fabrication, jusqu’au mode de pose, en passant par les outils et la matière première utilisée. Ce travail contribue à l’étude des styles décoratifs et des agencements intérieurs.

Le fonds d’archives des Papeteries de Genval recèle un ensemble important de catalogues de papiers peints et de balatum, dont certains assez rares, produits par l’entreprise elle-même ou par ses concurrents. Le fonds contient également quelques cahiers, renfermant croquis et esquisses et permettant d’étudier le processus de création des papiers peints. Ceux-ci ont permis aux chercheurs de l’IRPA d’enrichir les illustrations de leur glossaire (notamment dans les catalogues Balamundi), d’identifier des marques de fabrique, de rattacher certains motifs déjà connus à une entreprise, d’approfondir leurs recherches sur les noms commerciaux des produits, etc.

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