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| Rijksarchief te Namen - Historiek |
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En vertu des lois républicaines du 7 méssidor an II (25 juin 1794) et du 5 brumaire an V (26 octobre 1796), d’importantes archives namuroises, devenues propriété de l’État, furent rassemblées à Namur, en partie au siège de l’Administration départementale de Sambre et Meuse (l’ancien Palais épiscopal, aujourd’hui Palais provincial), en partie à l’Hôtel des Gouverneurs du comté (l’actuel Palais de Justice). En 1812, Dupré qui était employé des archives impériales à Paris, fut chargé de procéder à la visite et au tri des archives départementales et communales de notre pays et de dresser un inventaire sommaire des documents qui, à son avis, devaient être réunis, en raison de leur intérêt, aux Archives de l’Empire. Il était question, en effet, à ce moment, de la construction à Paris, d’un palais gigantesque destiné à recevoir toutes les archives de L’Empire français. Dupré passa à Namur où, le 23 décembre 1821, il adressa un rapport au sous-préfet du département de Sambre-et-Meuse. Les réclamations des autorités départementales et, sans doute aussi, la tournure prise par les événements politiques et militaires devaient finalement faire échouer la mission de Dupré. Les archives namuroises restèrent par conséquent à l’abandon et cette situation dura de nombreuses années encore. Le 22 mai 1827, Gachard, le futur Archiviste général du Royaume, demanda au Gouvernement provincial des renseignements sur la situation et le degré d’avancement du classement des archives conservées dans les divers dépôts de Namur. Un rapport lui parvint trois mois plus tard, rempli d’inexactitudes et d’indications évasives. Le 28 octobre 1828, Gachard, en tournée d’inspection, vint à Namur où le Gouverneur le reçut. Le 27 février 1829, il devait envoyer à l’administration de l’Instruction publique, des sciences et des Arts, un rapport général sur les provinces de Liège, de Hainaut et de Luxembourg, rapport où il est dit, entre autres, que «le département de Sambre-et-Meuse, aujourd’hui la province de Namur, fut l’un de ceux où l’on s’occupa le moins des opérations prescrites par la loi du 5 brumaire an V pour le rassemblement des dépôts acquits à la République.» Les années passèrent et c’est seulement en 1842 qu’un effort sérieux fut entrepris pour mettre fin à l’état déplorable dans lequel se trouvaient les archives namuroises. Sur les instances d’un jeune employé de l’administration provinciale, passionné d’histoire – Jules Borgnet (Namur, 16 novembre 1817-Namur, 22 octobre 1872) –, le Gouverneur et la Députation permanente de Namur intervinrent pour que l’on classât enfin méthodiquement, les archives namuroises dont personne, jusqu’alors, ne s’était occupé sérieusement. Le Gouvernement accorda dans ce but un subside à la Députation permanente et celle-ci, le 10 février 1843, chargea Jules Borgnet d’effectuer le travail qu’il avait souhaité. La nomination de Jules Borgnet fut ratifiée par le Ministre de l’intérieur le 25 février suivant et Borgnet entra en fonction, comme archiviste provincial, le 1er mars 1843. De nombreuses tractations eurent lieu, ensuite, entre le Ministre de l’Intérieur, le Gouverneur de Namur et l’Archiviste général du Royaume Gachard au sujet de la création d’un dépôt d’archives bien organisé à Namur (comme il en existait déjà à Mons, Gand et Liège) et, enfin, par arrêté royal du 17 mars 1848, Jules Borgnet fut nommé Conservateur des Archives de l’État à Namur. Pendant quelque 25 années, Jules Borgnet qui assumait en même temps les fonctions de secrétaire de la jeune Société archéologique de Namur, ne cessa de déployer une activité considérable en faveur de son dépôt et son mérite fut d’autant plus grand qu’il travailla longtemps seul et dans des conditions matérielles que personne ne supporterait plus aujourd’hui. C’est seulement en 1864, quand Namur passa de la troisième à la deuxième classe des dépôts provinciaux, que l’on envisagea la désignation d’un employé (Alfred Lacour, nommé à titre définitif le 4 mai 1869 il devint conservateur adjoint par arrêté royal du 15 août 1884 c’était un négociant de Namur…). Sous l’habile direction de Borgnet, les collections d’archives firent l’objet d’un premier inventoriage très soigné (en particulier les archives notariales) et s’accrurent rapidement de manière considérable grâce à des envois de documents effectués surtout par les Archives générales du Royaume, les Archives de l’État à Liège, l’Administration provinciale, diverses institutions et des particuliers. Malheureusement, les locaux étaient fort exigus, en sorte que la place disponible vint bientôt à manquer ils étaient, en outre, exposés dangereusement aux menaces d’incendie. Cette situation allait devenir de plus en plus préoccupante avec le temps. Jules Borgnet mourut le 22 octobre 1872, à l’âge de 54 ans, laissant une œuvre archivistique et historique considérable et du plus haut intérêt. Il est peu d’archivistes provinciaux qui au XIXe siècle, ont joué un rôle aussi important que le sien et marqué aussi fortement les études de leur région. À Namur, Bormans poursuivit notamment le classement des archives scabinales et des archives ecclésiastiques et entreprit celui des procédures du Conseil provincial. Il s’intéressa également aux archives du Souverain Bailliage (cour féodale du comté de Namur) dont il analysa de nombreux registres. Signalons aussi qu’il fut chargé de l’inspection des archives communales de la province de Namur en vue principalement de recueillir des documents provenant des anciens greffes scabinaux. Au départ de Stanislas Bormans, c’est Désiré Van De Casteele (Bruges, 23 mai 1830-Liège 1917) qui devint le troisième conservateur des Archives de l’État à Namur. C’était le fils d’un imprimeur brugeois dont le destin fut de passer la majeure partie de sa vie en terre wallonne. Après avoir été attaché aux Archives du Conseil des Flandres, à Gand, de 1871 à 1873, il fut nommé le 23 janvier 1873, comme archiviste adjoint du dépôt de Liège, puis, le 29 avril 1882, conservateur à Namur où il ne devait rester que trois ans. Le 20 juillet 1885, en effet, la direction du dépôt de Liège lui fut confiée. L’activité de Van de Casteele à Namur ne fut pas transcendante. Il ne semble pas qu’il se soit soucié beaucoup de l’inventoriage très poussé des fonds d’archives namurois, s’intéressant surtout au dépouillement des protocoles de notaires dans le but de trouver des renseignements sur l’histoire de l’art et les anciennes industries d’art, sujet qui le passionnèrent toute sa vie. Mentionnons cependant qu’en 1884, Van de Casteele suggéra de transférer les archives du Palais de Justice à l’Athénée royal de Namur (l’ancien Collège des jésuites). À ce moment, en effet, il était question que la ville de Namur créât un nouvel Athénée, mais le projet fut vite abandonné. En attendant, la situation des locaux d’archives au Palais de Justice de Namur empirait de jour en jour. Léon Lahaye (Liège, 24 février 1857-Liège 7 mai 1943), qui succéda en juillet 1885 à Van de Casteele à la tête du dépôt de Namur, se trouva ainsi confronté avec de graves problèmes de place et de sécurité. En 1886, en effet, on décida d’agrandir et de restaurer le Palais de justice. Or les plans de l’architecte provincial Boveroule prévoyaient la démolition de l’aile du bâtiment où reposaient les protocoles de notaires et la majeure partie des archives religieuses et, de plus, ils enlevaient aux Archives la pièce du premier étage de la tour centrale contenant les archives du Conseil provincial et du Souverain Bailliage: au total 1.050 mètres de rayonnages étaient destinés à disparaître… Les travaux au Palais de justice commencèrent. En 1889, toutes les archives furent transférées dans les trois pièces de la tour centrale, ce qui provoqua la désorganisation complète des services. Le Conservateur, son adjoint et le public en furent réduits à travailler dans une seule pièce qui n’avait que 25 m2 et qui était déjà encombrée par la bibliothèque. Il était impossible de caser plus de 3 visiteurs simultanément. Léon Lahaye avait finalement obtenu gain de cause. C’est grâce, en grande partie, à sa ténacité et son sens des responsabilités, que les archives namuroises ne prirent pas le chemin de la capitale. Dieudonné Brouwers (Dison, 21 septembre 1874-Namur, 8 novembre 1948) lui succéda à Namur après avoir exercé (de 1898 à 1906) les fonctions d’employé puis de conservateur adjoint au dépôt de Liège. Dès son arrivée à Namur, Brouwers acheva l’intégration des accroissements d’archives provenant des inspections faites par Léon Lahaye et procéda aux classements nécessaires dans la plupart des fonds. Il rédigea de nombreux inventaires sommaires d’archives: des États, du Souverain Bailliage, des seigneuries, communes et échevinages, des abbayes, cures et couvents, des registres paroissiaux, etc. Ces inventaires répondaient à une nécessité urgente, celle de savoir ce que pouvaient contenir, en gros, les fonds d’archives conservés dans les différents dépôts de l’État c’était une première étape, pratique, dans l’élaboration d’inventaires plus détaillés qui ne pouvaient être établis qu’après de nombreuses années d’un examen minutieux de tous les documents en particulier. D. Brouwers profita aussitôt de l’occasion qui lui était offerte pour organiser, dès 1930, avec son adjoint Ferdinand Courtoy, au premier étage de la conciergerie, un petit musée d’archives provinciales namuroises qui fut bien accueilli. Au départ de Brouwers, ce fut son collaborateur Ferdinand Courtoy (Namur, 6 décembre 1880-Namur, 20 août 1970) qui lui succéda, par arrêté royal du 10 janvier 1936. F. Courtoy, qui était, depuis le 8 avril 1907, conservateur adjoint du dépôt de Namur, connaissait admirablement les archives namuroises. Son domaine de prédilection était l’archéologie et l’histoire de l’art où il excellait. Conservateur en même temps, à titre bénévole, du Musée archéologique de Namur, il exerça comme ses prédécesseurs, et en particulier comme Jules Borgnet un rôle prédominant au sein de la Société archéologique de Namur. Son successeur fut Félix Rousseau (Namur, 14 janvier1887-Namur, 7 septembre 1981), qui exerçait depuis 1937 les fonctions de conservateur aux Archives générales du Royaume et qui avait travaillé au dépôt de Namur au cours de la première guerre mondiale. F. Rousseau s’est attaché en particulier à faire connaître et apprécier dans le grand public l’importance et la variété des collections d’archives namuroises. Grâce à ses démarches multiples, le dépôt s’est enrichi de fonds très importants, tel celui provenant de Corroy-le-Château (famille de Trazegnies et familles alliées) dont l’intérêt dépasse largement le cadre namurois. C’est également sous sa direction éclairée et avenante que le Musée des Archives fut, en 1950, transformé et agrandi pour la première fois. F. Rousseau prit sa retraite en janvier 1952. Il mourut à Namur dans sa 95e année. À la retraite de F. Rousseau, la direction du dépôt fut confiée, par arrêté royal du 22 février 1952, à Jean Bovesse (né à Calais, le 22 novembre 1916), qui exerçait les fonctions d’archiviste à Namur depuis 1945. J. Bovesse s’efforça tout d’abord d’améliorer la situation matérielle du dépôt namurois, afin notamment de pouvoir accueillir et abriter convenablement les versements que l’exécution de la récente loi sur les archives (celle-ci fut promulguée en 1955) rendait plus volumineux et plus fréquents. Il obtint ainsi la réalisation d’importants travaux d’aménagement et de transformation les magasins entre autres virent leur capacité augmenter et furent dotés de l’électricité et du chauffage. L’effort consenti se révélant toutefois insuffisant pour faire face aux entrées d’archives et les possibilités d’extension étant quasi inexistantes, il opta enfin pour la seule solution valable: la construction d’un nouveau dépôt, dont le principe fut adopté en 1972. À l’heure actuelle, c’est-à-dire près de trente-cinq ans plus tard, cette solution reste valable… mais elle n’a toujours pas été réalisée. J. Bovesse favorisa également le versement de nombreux fonds, procéda à l’intégration des accroissements ainsi récoltés ou de ceux provenant des inspections faites par les collègues du service d’inspection des Archives de l’État et inventoria lui-même plusieurs fonds, notamment l’imposant ensemble des fonds ecclésiastiques qu’il dota d’un inventaire sommaire général calqué sur celui qu’A. d’Hoop dressa pour les fonds homologues des Archives générales du Royaume. Comme son prédécesseur, il attachait une importance particulière au rôle éducatif des archives, dont il chercha à faire mieux connaître les richesses au grand public et tout spécialement au corps enseignant et aux étudiants. Il fut ainsi tout naturellement amené à réorganiser le Musée du dépôt, dont il fit un musée d’histoire provinciale basé essentiellement sur des documents d’archives -le premier créé en Belgique- et qu’il accompagna d’un catalogue (publié en 1971) très fouillé, d’une conception entièrement nouvelle et qui reste, aujourd’hui encore (le Musée fut démantelé en 1989 sur décision de l’Archiviste général du Royaume) un très précieux instrument de travail. C’est Cécile Douxchamps-Lefèvre (née à Etterbeek, le 19 mars 1924) qui lui succéda. En fonction à Namur en qualité d’archiviste depuis 1948, celle-ci devint chef du service d’inspection des Archives pour la Wallonie en 1969 pour réintégrer administrativement le dépôt namurois, d’abord comme chef de la section Namur en 1977, ensuite comme chef du département Hainaut-Namur par arrêté royal du 1er juin 1984. Depuis le mois de novembre de cette même année, la direction du dépôt namurois est assurée par Daniel Van Overstaeten (né à Bruxelles, le 4 avril 1939), d’abord archiviste à Tournai et ensuite aux Archives générales du Royaume, qui succéda à C. Douxchamps-Lefèvre comme chef du département Hainaut-Namur par l’arrêté royal du 30 octobre 1989. Celui-ci poursuivit, sans pour autant atteindre cet objectif, les démarches entreprises pour l’érection d’un nouveau bâtiment et fut le promoteur -il s’agit d’une première en Belgique- de l’archivage sur CD-ROM d’un fonds d’archives, en l’occurrence le chartrier des comtes de Namur. La création du département des Archives de l’État en région wallonne en 2001 amena D. Van Overstraeten à se consacrer entièrement à cette charge avant d’assumer comme Archiviste général du Royaume faisant fonction la succession d’Ernest Persoons jusqu’à son départ à la retraite. André Vanrie fut nommé chef de section des Archives de l’Etat à Namur par arrêté royal du 7 janvier 2001. Il assuma cette fonction jusqu’à son départ à la retraite le 1er juin 2005. Emmanuel Bodart lui succéda en tant que chef de service. Source: J. Bovesse, Un centre de recherches historiques : le dépôt des Archives de l’État pour la province de Namur. Dans: Annales de la Société archéologique de Namur, t.49, 1957-1959, p. 85-160, illustr. + 1 carte (tiré à part, complété par des renseignements d’ordre pratique = p. 160-161) (J. Bovesse), Archives de l’État dans les provinces. Aperçu des fonds et collections. T. II: Les provinces wallonnes, Bruxelles, 1975, p. 221-320. |
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| Laatst geupdate ( Wednesday 20 June 2007 ) |